A l'approche du 6 décembre, oserais-je vous conter le défilé de Saint Nicolas qui ce jour-là parcourait les rues du village de mon enfance.

Cette fête était par tous très attendue mais aussi très redoutée surtout par les mauvais sujets.

Toute l'année, les parents nous avaient menacés du père Fouettard: ce personnage tout de noir vêtu, le visage charbonné armé d'un balai de genêts n'hésitait pas à caresser énergiquement les jambes des enfants pas sages.

Il accompagnait toujours le Saint évêque de Myre qui entouré d'enfants de choeur distribuait des bonbons et des mandarines aux enfants sages.

Ce cortège était précédé de la bourrique au collier de clochettes tintantes qui portait sur son dos de grandes panières chargées de paquets-cadeaux, ces paquets nous faisaient rêver et lorsque nous rentrions à la maison notre cadeau nous attendait à la porte, je me souviens d'une armoire épicerie en bois blanc emplie de boîtes factices, pâtes Lustucru, chocolat Van Houten et conserves dont le nom est oublié, par contre je n'ai pas oublié la magnificence de l'habit brodé de Saint Nicolas, la mitre, la crosse et cette bague qui brillait de tous ses feux sur des gants immaculés.

A l'approche de ces fêtes, je retrouve mes yeux d'enfants qui s'émerveillaient, par contre je n'ai jamais retrouvé cette odeur des mandarines qui pendant tout le mois de décembre embaumaient nos maisons jusqu'à se transformer en bougeoirs le soir de Noël.

Aujourd'hui, Saint Nicolas, pour moi, s'est pris d'amitié avec Sainte Barbe et comme beaucoup de provençaux, je plante le blé le 4 décembre pour mettre sur la table du réveillon l'espoir d'une belle nouvelle année ainsi que la paix pour tous retrouvée.