ce matin là même si nous étions en vacances, maman nous levait de bonne heure, depuis quelques jours deux compositions de fleurs, une blanche et une jaune décoraient la cave.

Après un bon petit déjeuner nous partions emmitouflés car le froid et même la neige parfois nous accompagnaient.

Nous montions dans l'autobus numéro 25, les bras chargés des fleurs empaquetées dans du papier cristal qui chantait sous la pression exercée pour éviter leur chute.

Souvent le verglas compliquait encore le trajet et l'onglet paralysait nos doigts. Avant de rendre visite à nos grand mère et tante, nous devions changer de bus, monter dans le numéro 4, descendre au terminus. 

Là nous passions un grand portail, entrions dans un grand jardin fleuri, c'était le cimetière où maman  ne manquait jamais de nous dire: "la mort, c'est la vie!".

Nous passions devant les tombes, lisant quelques dates, quelques noms, admirant les fleurs, caressant les statues, nous arrêtant devant celles des amis, et tout à coup nous étions devant celle de la famille.

Maman posait alors les chrysanthèmes jaunes, ma grand mère que je n'avais pas connue dormait là en compagnie de ma tante qui elle s'était affaissée à mes côtés quelques années auparavant. Mon esprit vagabondait en écoutant les souvenirs heureux que maman intercalait entre un "notre père" et un "je vous salue Marie".

C'était la toussaint et nous allions reprendre le bus pour déposer dans un autre cimetière la composition blanche sur la tombe d'un enfant, mon neveu parti rejoindre les anges.

Ces souvenirs me font m'offrir tous les ans une potée de chrysanthème jaune dont j'orne ma terrasse afin d'être auprès d'eux.........mes disparus!